Accueil Flux d'actualités Traité contre la pollution plastique : Les objectifs français

PARIS (MPE-Média) – Les membres du cabinet de la ministre de la transition écologique proposaient ce lundi un brief presse à propos des objectifs pour la France des prochaines discussions pour un Traité mondial contre la pollution plastique prévues en août à Genève. Détails.

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Pollution plastique dans une entrée de ville en Inde (Ph archives MPE-Média)

 

Engagée par les Nations Unies en 2022, ces discussions autour d’un futur Traité international contre la pollution plastique menées successivement en Uruguay, à Paris, à Nairobi, à Ottawa, à Busan ont abouti à l’élaboration d’un « draft » résumant objectifs et moyens pour réduire la pollution plastique globale, océanique comme terrestre, en analysant le cycle de vie des matières plastiques d’amont en aval. Initialement fixé en 2024, le terme de ces échanges pourrait à présent avoir lieu en août à Genève si les pays participants parviennent à s’entendre sur un accord jugé satisfaisant par une majorité d’entre eux.

Le premier objectif pour la France est la régulation de la production des plastiques. Le second est l’élimination des substances dangereuses émises lors de la production de matières plastiques. Le troisième est la santé humaine. Le quatrième est la révision du mode de financement de la production des plastiques. Le cinquième est que des règles juridiquement contraignantes soient posées et acceptés par les participants à ces discussions. 175 pays participent à ces réunions.

Nommée ambassadrice pour ces questions diplomatiques par le gouvernement, l’ex secrétaire d’État Barbara Pompili explique que cette 6ième session se présente « sous un jour difficile avec la non-participation des États-Unis et les limites posées par plusieurs pays producteurs y compris parmi les pays dits en développement. »

« Les gros producteurs de plastiques ont décidé de se coordonner pour remettre sur le tapis des points déjà débattus, notamment sur les plastiques concernés, certains voulant qu’il n’y ait pas de traité, d’autres qu’il soit le moins ambitieux possible », note Barbara Pompili, après des réunions préalables à celles de Genève à Nairobi.

 

La question de la mise en œuvre du traité doit aussi être posée

 

« Face à ces pays, comment les pays les plus ambitieux veulent-ils s’organiser, là est la question », ajoute-t-elle, estimant que l’enjeu va se placer sur l’article 6 du traité à propos de la production, ou d’un autre article énonçant des références de plastiques qui seraient définitivement interdits. « La question de la mise en œuvre et du financement de tout ça doit aussi être posée », note-t-elle.

Barbara Pompili précise que la possibilité existe d’un vote au cas où rien de concluant ne sorte à Genève sur les points importants relevés dans ce projet de traité.

Les pays sur la réserve sont principalement ceux qui produisent du pétrole. Et la Chine semble plutôt avoir une attitude positive pour parvenir à un traité crédible. Les USA semblent prêts à discuter de l’aval du plastique mais moins à parler de la pollution plastique en elle-même.

Le Conseiller d’Agnès Pannier-Runacher Gabriel Normand pense possible d’arriver à un accord malgré les oppositions en cours. Mais il ne souhaite pas parler de la position de chaque pays en particulier, notant que l’Inde ne vit pas des choses simples sur ce plan ou encore que le Rwanda a été le premier à interdire les sacs plastiques. « Les africains ne vont pas forcément avoir tous la même sensibilité, étant plus ou moins proches des pays arabes producteurs ou plus ou moins émergents et qui souffrent de la pollution plastique, qui sont en attente d’un traité plastique », nous répond aussi Barbara Pompili.

L’article 5 doit ainsi mentionner les substances pouvant entraîner la production de micro-plastiques, mais ce sujet ne fait pas l’objet d’une mention spéciale dans le futur texte de traité, nous répond Barbara Pompili, qui a rencontré avant ces discussions les représentants des producteurs de matières plastiques et des scientifiques. « Mais ce sont les états qui négocient entre eux ». L’ambassadrice pour ce Traité estime que la France a tiré vers le haut la position européenne et que « le seul moyen de réduire vraiment la pollution plastique est d’en réduire la production ».

 

Christophe JOURNET

Rédacteur en chef de MPE-Média


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