Accueil Internet / Politique Politique INFOX/ACRO : Désinformation sur le tritium dans l’eau

PARIS (MPE-Média) - Une récente communication lancée par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO) évoquant une contamination de l’eau potable au tritium, bue par 6 millions de personnes, s’est avérée dénuée de fondement sérieux, ce que nous confirment les Préfectures et les experts du nucléaire civil.

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L’eau, matière première essentielle à l’origine de la vie (Ph SD SFEN)

« Parler « de contamination au tritium » alors que l’on est bien en-dessous de la valeur de référence, - à commencer par les rejets des installations nucléaires en France -, c’est clairement de la désinformation, - volontaire ou maladroite -, réussie ; comme reprendre des études sans en vérifier leurs sources.

Le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène. Il est produit en très faible quantité par les rayonnements cosmiques, explique le porte-parole de la Sté française d’énergie nucléaire (SFEN) récusant la réalité de l’information de l’ACRO, composée de militants opposés au nucléaire et de personnes n’hésitant pas à désinformer le public pour obtenir une réduction de la ressource en énergie issue du nucléaire. « La majorité du tritium provient des activités humaines, notamment de la filière nucléaire pour produire de l’électricité mais aussi pour des applications militaires, médicales ou de recherche », poursuit la SFEN.

 

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Le tweet de la Préfecture d’Ile de France (Ph SD source twitter)

« Dans le passé, d’importantes quantités de tritium ont été produites lors des essais nucléaires atmosphériques, en particulier entre 1945 et la fin des années 1960. La décroissance radioactive, relativement rapide du tritium (sa période ou demi-vie est de 12, 13 ans) a fait disparaître près de 90 % du tritium introduit dans l’environnement de cette époque », continue la même source.

« Très mobile, le tritium se combine avec de l’oxygène pour former de l’eau tritiée. Il pénètre facilement dans l'organisme à travers le cycle de l'eau, mais s'élimine rapidement, généralement entre 6 et 9 jours et est considéré comme faiblement radiotoxique, délivrant une dose moyenne annuelle de l'ordre d'un microsievert, soit le millième du seuil limite pour le public fixé à 1 millisievert », explique la SFEN.
« Comme le tritium est très mobile, il est assez dur à filtrer, à confiner. En cas de rejet émanant d’une installation nucléaire, le tritium est donc détecté facilement. Il est un des moyens de vérifier si rejet il y a effectivement eu, et de prospecter sur l’origine d’un rejet », poursuit la même source.

 

Le cadre fixé par les autorités sanitaires en France

Et d’ajouter qu’en France, les autorités sanitaires ont fixé un critère de qualité pour le tritium, soit 100 Bq/L. C'est une valeur paramétrique utilisée pour déclencher des investigations. En cas d’ingestion d’eau tritiée, le critère de la quantité de Bq/L est insuffisant. Il faut tenir compte de l’impact du tritium sur l’organisme. Or, comme l’a souligné récemment Jean-Michel Bonnet, directeur de la santé à l’IRSN, auprès de l’AFP, une personne « qui boirait deux litres d’eau avec une concentration de tritium à 10 000 Bq/L arriverait à une dose équivalente de ce que l’on peut recevoir par rayonnement cosmique quand on fait un vol Paris-Tokyo ».

Cette valeur de référence en France de 100 Bq/L est 100 fois inférieure à celle préconisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : 10 000 Bq/L. Cette valeur guide correspond à la concentration en tritium jugée acceptable pour une consommation de deux litres d’eau potable par jour de manière permanente.

L’ACRO relève, selon elle, « des hauts niveaux de tritium » le long de la Vienne, « Châtellerault présente des niveaux parmi les plus importants relevés. La moyenne sur 2016 et 2017 est de 31 Bq/litre (18 prélèvements) ». La Loire et des villes sont citées : « du tritium est détecté dans l’eau potable de toutes les communes s’alimentant dans la Loire ou dans les nappes sédimentaires du fleuve. De grandes agglomérations sont concernées : Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes. À Nantes, les niveaux sont comparables à ceux observés à Saumur, villes séparées de plus d’une centaine de kilomètres », sans préciser les relevés en tritium ».

 

Un manque total de rigueur dans les annonces de l'ACRO

S’agissant de titres tels que « eau contaminée au tritium » pour 6 millions d’habitants, alors que Météo France annonce depuis plus d’une semaine une nouvelle vague de chaleur et que les différentes institutions sensibilisent les populations pour s’hydrater davantage, la question se pose clairement quant à la « rigueur scientifique » dont se prévaut l’association. En reprenant la valeur de 100 Bq/L pour le tritium à comparer aux relevés de l’association, nul doute qu’il n’y avait et qu’il n’y a pas de risque sanitaire, affirment les experts du sujet avec le soutien des Préfets des départements concernés.

« Malheureusement, cette désinformation a été reprise telle quelle, renforcée par un message anonyme d'une personne se disant infirmière en Ile-de-France, provoquant une panique générale et l'ouverture d'une action judiciaire », déclare la SFEN, déplorant qu’il ait fallu un communiqué de la Préfecture de Paris et région Ile-de-Francepour démentir ces désinformations.

« A noter un point positif, la prise de parole spontanée de personnes de la filière nucléaire qui ont pris le temps de vulgariser leurs connaissances sur le tritium, notamment sur les réseaux sociaux », conclut la SFEN.

Il n’en demeure pas moins qu’il est regrettable que les porte-paroles d’associations censés vérifier le contenu et le degré réel de gravité des alertes qu’ils délivrent ne le fassent pas ou soient poussés à « croire » ce que d’autres leurs disent dans l’unique but non exprimé de nuire à l’image d’un secteur entier de l’industrie énergétique de notre pays.

 

Christophe Journet

Rédacteur en Chef de MPE-Média

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