Accueil Actus en Libre accès La mine progresse en Europe en 2017

PARIS (MPE-Média) – L’Europe compte 76 mines « métalliques » dans 6 pays miniers dont 2 leaders, la Suède et la Finlande suivies par l’Irlande, la Pologne, l’Espagne et la Bulgarie, explique Eric Marcoux, Professeur à l’Université d’Orléans dans le cadre de la 4e « journée mines en France » tenue ce jeudi 15 juin à l’Ecole Mines Paris Tech de Paris sous l’égide de la Société de l’Industrie minérale (SIM). Dossier.

170615_MINES_01Outre ces six pays plus miniers que les autres, l’Europe compte aussi des mines en Albanie, Roumanie, Bulgarie, etc., et ce qu’Eric Marcoux (photo) qualifie d’Europe minière en berne dont la France fait partie.

 

L’Europe produit 4,8% du cuivre, un pour cent du minerai de fer mondial, un pour cent de l’aluminium et zéro pour cent de terres rares.

 

Les grandes majors minières ne sont pas présentes dans les mines européennes mais présentes dans les fonderies (Rio Tinto, Glencore, Alcoa) et via leurs sièges sociaux basés à Londres. « Une des raisons est l’index d’attractivité pour les investissements miniers de l’Institut Fraser, qui classe la France entre les Fiji et la République Dominicaine.

 

Pourtant, le rapport de la Commission européenne sur les matières premières réalisé en 2016* ne compte pas moins de 400 projets dont 15 très avancés, 105 avancés et 8 pays en « réveil minier » dont la France : l’or représente 37% des projets en cours suivi par le cuivre (21%), le zinc (13%), le nickel (7%), le fer (4% en Suède), l’étain (3%).

 

De fortes potentialités existent en Europe

De fortes potentialités minières existent en Espagne-Portugal, en Allemagne, dans les pays de l’Est et aussi en France. L’histoire minière européenne est très ancienne, elle remonte à la fin du 16ème siècle et se poursuivait en 2016 dans 74 mines métalliques en activité et 120 projets jugés très avancés.

Surtout, il faut noter une « très forte dépendance de l’Europe d’autres régions du monde compte tenu d’une production minière très insuffisante pour la consommation européenne ».

« il y a une forte culture minière en Espagne, en Andalousie en particulier. La plus forte présence de mines dans le nord de l’Europe n’est pas liée aux règlementations environnementales qui sont aussi strictes en Suède ou en Espagne qu’ailleurs », explique M. Marcoux.

 

L’Etat des lieux en France sur le plan de l’action publique

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(Photo MPE-Média)

Présenté par Rémi Galin, chef de bureau de la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) au Ministère de l’environnement, l’état des lieux de l’activité française et l’action publique associée cherche à associer l’efficacité des ressources et leur économie, le recyclage, l’accès soutenable aux dites ressources. Le territoire métropolitain français comptait en 2016 11 permis miniers valides pour l’or et les métaux de base, 4 demandes en instruction pour 6 opérateurs miniers distincts. Au total, près de 7 millions d’euros de dépenses d’exploration ont été recensés entre 2012 et 2016. Le sel, la bauxite, l’étain, le niobium et le tantale font partie des ressources extraites dans l’hexagone.

 

En Guyane française, M. Galin compte 12 permis miniers valides, 21 permis en instruction, 2 demandes hors or, 8,6 millions d’euros de dépenses d’exploration l’an dernier. Sur 29 concessions valides, M. Galin a recensé 4 permis d‘exploitation. Deux projets miniers « de taille mondiale » sont en développement : Montagne d’or (MDO- Norgold) et Espérance (Cie minière Espérance)

 

Les Préfets et les services régionaux de l’environnement instruisent les dossiers. La DGALN a ouvert en 2014 un portail d’information (Mineralinfo) tout en poursuivant la réforme du code minier, qui a fait l’objet d’un texte de projet de loi produit en 2016 mais non déposé au parlement depuis.

Une version raccourcie de ce projet de réforme du code minier a été examinée en janvier 2017 et transmise au Sénat, sans suite depuis.

 

Les opposants très présents à cette rencontre

Symptomatiquement, nos confrères de Mediapart et du Monde présents pour la première fois à cette journée minière annuelle s’intéressent plus à la propagande « environnementaliste » des militants anti-mines présents à l’entrée de la réunion qu’aux réalités technologiques et réglementaires qui font le quotidien des acteurs miniers en Europe où se développe depuis quelques années le concept de « mine responsable et durable ».

Comme dans le cas du gaz dit de schiste dont l’exploration est toujours interdite en France – mais pas partout en Europe – suite à de fortes pressions d’opposants et de politiques aux priorités clientélistes, des opposants venus exprimer leurs doutes quant aux impacts sur la santé des salariés et des populations locales proches des projets miniers semblent parler des méthodes pratiquées au siècle dernier et rester hermétique à l’exposé de celles mises en oeuvres en Europe et ailleurs depuis plusieurs décennies.

 

 

Pourquoi une recherche minière en France ?

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M. Jack Testard, Président de Variscan Mines exposant les motivations des juniors minières françaises (ph MPE-Média)

PARIS (MPE-Média) – Président de l’association des industries extractives française et de Variscan Mines, Jack Testard est venu parler actualité des permis d’exploration et de recherche en posant la question : « pourquoi une recherche minière en France ? »

« La seule spéculation n’a pas de sens si l’on veut développer des mines en France », affirme-t-il, après avoir rappelé les fondamentaux d’économie de la ressource, de besoins en matières premières stratégiques notamment métalliques tant pour les entreprises que pour les consommateurs.

 

« La France dispose des règles minières les plus abouties tant concernant l’exploration, la recherche que pour l’analyse de la faisabilité, la préparation de l’exploitation dans l’optique d’un développement durable de nos mines », explique le patron de Variscan, première junior minière à obtenir des permis d’explorer signés à l’époque par Arnaud Montebourg alors Ministre de l’économie et de l’Industrie.

Variscan a demandé neuf permis en 8 ans et investi 9 millions d’euros dans ces recherches. « Nous avons pris des grandes surfaces qui nous permettaient de faire des études géologiques et de les comprendre dans un premier temps, ce qui nous permet de dire à présent que la situation géologique est bien meilleure que nous pouvions le penser dans un premier temps », ajoute M. Testard, qui déplore l’absence en France de laboratoires capables d’analyser les sondages effectués, hormis celui créé de toutes pièces par le Directeur général de Variscan Michel Bonnemaison.

Variscan Mines travaille en Bretagne (Merléac) depuis 2014 où la société a employé des moyens géophysiques héliportés aussi bien que des carrotages plus classiques destinés à l’étude géochimique. En Maine-et-Loire, Variscan a ouvert un permis à Saint-Pierre Montlimart dans une ancienne zone aurifère : « le potentiel minier espéré se confirme. Les problématiques minières sont classiques. L’acceptabilité est souvent liée à l’histoire de la région. Nous rencontrons souvent une méconnaissance des parties prenantes de notre métier, de nos méthodes et moyens. Si je vous dis que nous voulons faire une mine à énergie positive, ou une mine bio et verte, nous devons en faire la démonstration. Les croyances irrationnelles sont très présentes ainsi que les propos de faux spécialistes autoproclamés. Nous sommes dans le temps long et je me demande si la communication n’est pas plus importante que le savoir-faire technique fut-il indéniable », ajoute Jack Testard.

La capacité à réunir un montant suffisant d’investissements pour tenter et obtenir des permis d’explorer est essentielle : « les contraintes que nous respectons doivent aussi être acceptées par les investisseurs intéressés par nos projets. Nous avons ces contacts avant de débuter les recherches, ainsi que des contacts avec ceux qui pourront réaliser l’usine de transformation des minerais découverts et extraits. Sans ces garanties de moyens, les projets ne peuvent pas débuter ».

Variscan a un accord avec Apollo Minerals, groupe côté en bourse à Sydney (Australie) pour apporter les capitaux indispensables au développement de ses projets dans l’hexagone.

 

Il faut comprendre le comment du pourquoi avant d'agir

Une autre société, E – Mines, fondée par l’actuel Directeur général de Variscan Mines Michel Bonnemaison, s’est spécialisée dans l’expertise métallogénique des gisements étudiés et dans la modélisation digitalisée des approches géologiques et pré-minières. « Il est aussi important de comprendre le comment que le pourquoi, de développer les arguments scientifiques, de choisir les gisements les plus importants, par exemple le tungstène, l’antimoine, d’anticiper les réalités environnementales liées au traitement du minerai à extraire », note Michel Bonnemaison.

Prenant l’exemple du tungstène, M. Bonnemaison cite le prix du concentré chinois à 65% de densité WO3 qui pèse environ 10 000 dollars/tonne dans la période. Transformé en APT par pyrométallurgie, ce métal se vend 18 500 dollars/tonne, produit via son oxyde qui se vend près de 21 000 dollars/tonne.

« Le tungstène a deux minerais possibles, la wolframite et la scheelite, cette dernière étant soluble dans l’acide nitrique. Il nous faut donc trouver et valider un gros gisement potentiel de scheelite, à partir d’indices connus et des études préalables. E – Mines a ainsi retenu deux gisements, à Salau (Ariège) et à La Lucette en Normandie.

Côté Antimoine, la mine française de la Lucette (40 000 tonnes d’antimoine exploitées dans les années cinquante au siècle dernier) contient encore ce métal mais aussi de l’or et du tungstène. Dans les cas de Salau et de la Lucette, des travaux de thèse menés par Thomas Poitrenaud et Florent Cheval-Garabédian ont permis à E – Mines de déterminer l’intérêt réel des zones étudiées et leur teneur en métaux.

Découvert au 18ème siècle, le titane est également présent dans le massif armoricain en France. De plus en plus demandé pour l’impression 3D, ce métal rend utile l’exploration de son minerai dont la filière aval sera aussi indispensable, « sous procédé Chinuka », précise la même source.

 

 

Christophe Journet

 

*Raw Materials Scoreboard 2016

 

Voir aussi sur :

www.lasim.org

www.mineralinfo.fr

 

CFD : Pourquoi investissent-ils dans les sociétés minières ?

 

PARIS (MPE-Média) – Quelles sont les motivations des investisseurs dans des projets miniers en Europe ? Telle était la question posée par le Professeur Andor Lips, Directeur de fond chez Commodity Discovery Fund (CFD - Pays-Bas) dans le cadre de la Journée mines en Europe organisée par la SIM et l’OSUC chez Mines Paris Tech ce 15 juin.

CFD dispose de 50 millios d’euros d’actifs sous gestion dans le cadre d’un organisme agréé par la Commission européenne pour favoriser les investissements dans des sociétés minières et d’exploration minière, en particulier celles qui découvrent de nouveaux gisements de ressources minérales, sa spécificité sur le plan mondial.

CFD propose aussi des solutions de couverture du risque aux investisseurs et cherche à « sécuriser la valeur intrinsèque des ressources de demain » tout en couvrant les investisseurs contre l’inflation.

« Il ne faut pas confondre les grands groupes qui ne font pas de découverte mais exploitent à grande échelle et les juniors qui font les découvertes et sont ensuite rachetées par les premiers », explique Andor Lips qui précise qu’en 2017, 4 sociétés minières ont déjà été rachetées par des plus grosses, en particulier dans le secteur or et cuivre.

« La sécurité des approvisionnements des nombreuses ressources minérales et des métaux précieux est une préoccupation majeure », explique Andor Lips, qui relève le fait que le recyclage ne suffira jamais à répondre aux besoins des grands secteurs d’activité.

« La nature cyclique de ces marchés et les fluctuations de prix des matières minérales, fonction de l’offre et de la demande, détermine aussi les investisseurs », précise la même source, citant l’exemple du cuivre dont la demande va doubler dans les toutes proches années, poussée par la croissance de la mobilité électrique et les besoins des pays émergents. « La production de l’or aussi est sous pression », ajoute l’orateur.

Andor Lips estime que les investisseurs sont « enracinés dans la sualité fondamentale des projets » et qu’ils prennent en compte « des inconnus de stade précoce en exploration ou développement » aussi bien que des projets « de niveau mondial », à condition que les meilleurs pratiques soient promues par les acteurs ainsi que la haute qualification des professionnels engagés, continue Andor Lips.

Et de citer le cas de la mine de cuivre d’Aitik (Boliden, Suède), au meilleur rendement qualitatif mondial, avant de souligner que les « vrais/bons projets se développeront » sur les bases des meilleures propositions comparées à des alternatives hors Europe.

L’amplification des logiques « 4.0 » dans le secteur minier entre bien selon Andor Lips dans les logiques de prévention du risque de ces nouveaux investisseurs miniers, avec des nuances d’un pays à l’autre : « l’Allemagne associe volontiers des subventions étatiques pour développer la ressource en tungstène en co-finançant ces technologies avec les privés », ajoute-t-il.

 

Christophe Journet

 

Voir aussi sur :

www.cdfund.com


 

Rachel Baudry : L’ADEME et le recyclage des métaux

PARIS (MPE-Média) – L’économiste Rachel Baudry intervenait également dans le cadre de cette 4ème journée mines en Europe de la SIM et de l’OSUC d’Orléans à propos de la place du recyclage dans l’économie circulaire des métaux, à partir de l’évolution de la production primaire.

« L’Europe est fortement « dépendante des importations », explique Mme Baudry, chiffres à la clé, pour introduire son sujet : « En France, 55% des besoins en matières premières de l’industrie métallurgique provient des déchets (9 Mt) ».

Et d’énoncer le classique « pour 5 grammes d’or par tonne de minerai on trouve 200 gr. d’or dans une tonne de vieux portables à recycler.

Point noir selon Mme Baudry : le trafic de déchets se développe vitesse V, plus vite que le trafic de drogue. Mais la France dispose d’une filière du recyclage innovante et de filières REP (responsabilité élargie producteur) en place.

Le programme étatique des investissements d’avenir soutient le recyclage du titane, du zinc, des cartes électroniques, des piles et batteries. Quant aux métaux critiques, la R&D développée sur leur recyclage comprend selon l’ADEME plus de 180 projets analysés (cobalt, terres rares, etc.).

 

La Rédaction

Voir aussi sur :

www.ademe.fr

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Mis à jour (Mardi, 20 Juin 2017 13:56)

 

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